Le droit à la sécurité : une exigence absolue, partout et pour tous !

Résolution amendée présentée par la fédération du Mouvement des Jeunes Socialistes de la Haute-Garonne, à l’occasion du Conseil Nation des 16 et 17 avril 2016 et adoptée par celui-ci.

Imaginer une véritable politique de sécurité républicaine est une problématique dont la gauche se saisit peu, alors que l’insécurité touche souvent nos concitoyens les plus concernés par d’autres difficultés, sociales ou économiques. A l’opposé de la tendance actuelle, nous affirmons qu’aucun acteur privé ne peut se substituer à la mission de service public que doivent assurer les forces de l’ordre. C’est dans ce sens que nous formulons les propositions suivantes pour que soit possible l’organisation d’une véritable police républicaine, axée sur la prévention pour répondre efficacement aux besoins des citoyens.

1. La prévention, véritable bataille culturelle

La prévention doit être réaffirmée comme l’un des outils les plus efficaces en matière de lutte contre l’insécurité mais surtout contre le sentiment d’insécurité (en 2014, 21% des personnes interrogées par l’INSEE ont déclaré s’être déjà senties en insécurité dans leur quartier), y compris dans des situations qui ne nécessitent pas de telles réactions. Les Conseils locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, qui prennent de plus en plus une forme intercommunale, doivent permettre de mettre en lien les acteurs de la sécurité et de la justice sur le territoire avec les élus et les citoyens. C’est un outil, manquant parfois de moyens, qui vise à déceler les différentes problématiques et à instaurer une coordination des services pour y répondre.

Bien que l’action de la police municipale devrait se concentrer sur son rôle de contact avec les citoyens, elle est trop souvent amenée à pallier le manque de présence régulière de la police nationale. C’est pourquoi, nous pensons qu’il est essentiel de revenir sur la suppression de la police de proximité décidée par la droite pour en imaginer une nouvelle, axée sur le dialogue et la prévention avec les citoyens de chaque quartier. Cela permettrait par là-même de signifier notre opposition à l’armement de la police municipale qui est un frein à la création de liens de proximité entre celle-ci et les citoyens protégés.

Par ailleurs, la garantie et le renforcement des moyens dédiés aux dispositifs de médiation, ainsi que l’augmentation des subventions dédiées aux associations de l’ESS permettraient de retrouver un climat de confiance et de sérénité. À l’opposé des milices municipales d’inspiration fasciste de Robert Ménard, les politiques municipales doivent permettre de réinstaurer des liens de confiance et d’entraide entre les citoyens d’un même quartier.

Les exemples de mesures de prévention mises en place par les mairies socialistes ne manquent pas, de nombreux dispositifs organisant la ville (gestion des transports, urbanisme, office municipal), s’avèrent efficaces lorsqu’il s’agit de rassurer la population et de permettre une meilleure évolution dans la ville, notamment en ce qui concerne l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’espace public et la lutte contre les violences conjugales. Arrêts de bus à la demande, optimisation de la présence d’éclairage public, office de la tranquillité (médiation face aux nuisances sonores de voisinage), autant d’innovations méritant de figurer parmi les programmes municipaux des socialistes.

Les réponses immédiates aux désagréments du quotidien (bruit, saleté, mauvais stationnement, vandalisme), qui donnent parfois la sensation d’un climat d’insécurité alors qu’il ne s’agit que d’incivilités, permettent également d’apporter un climat apaisé, source de tranquillité.

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Peinture murale représentant la police, CC BY-NC 2.0, Stephen Downes

2. Une police au service des citoyens

Si le rôle de prévention et de dialogue doit être assuré au niveau local, la réponse à l’insécurité doit être donnée par les forces de l’ordre nationales. L’État doit assumer cette responsabilité qui est la sienne et ainsi renforcer l’égalité entre les territoires : les quartiers politique de la ville comme les zones rurales méritent tout autant de tranquillité que les zones plus favorisées.

Les réponses adressées doivent alors être claires et rapides. Les interventions, tout comme la présence des forces de sécurité, doivent être quotidiennes pour répondre au désordre latent que subissent ces espaces tels les trafics de drogue ou les atteintes aux personnes. Cela passe par une augmentation des effectifs de police pour que la présence de celle-ci se fasse de manière régulière et non sous forme d’actions « coup de poing », vécues comme une agression et ne permettant pas de régler durablement les problèmes de délinquance. Les zones de non-droit, volontairement insécurisées pour permettre au trafic de drogue de se dérouler, doivent retrouver de leur accessibilité et redonner la possibilité aux habitants de ces quartiers de vivre dans la tranquillité.

La gauche ne peut accepter de situations dans lesquelles la majorité subit le climat instauré par une seule minorité. Il faut répondre à cette rupture qui renforce l’enfermement dans une image de zones infréquentables. Nous ne pouvons nous satisfaire des réponses judiciaires qui font suite aux interpellations, sans perspective de réinsertion sociale. De la même manière, nous devons interroger le lien qui peut exister entre la police et les délinquants, le rôle des indicateurs, qui conduit trop souvent à un discrédit des forces de l’ordre à l’occasion d’affaires telles que celle impliquant la Bac des quartiers nord de Marseille. Il n’est d’ailleurs pas exclu de poser la question de la suppression de ce service de la police.

3. Le retour d’une police républicaine

La police municipale, acteur essentiel en matière de police administrative, doit être davantage encadrée dans ses embauches (par les mairies), par l’affectation des personnels ayant réussi le concours de police municipale directement par le préfet. Ceci permettra d’éviter les embauches de complaisance dans certaines municipalités, souvent plus au service du Maire de la commune que de ses habitants.

Restaurer un lien avec les citoyens, cela signifie également offrir à l’ensemble des effectifs de sécurité (nationaux, locaux et même privés) des formations de sensibilisation et de lutte contre les discriminations et le sexisme. Ces problèmes, souvent rencontrés dans les transports en commun et dans les lieux publics, concernent souvent les femmes et les jeunes. Les personnels œuvrant à la sécurité doivent alors assurer une lutte contre ces types d’exclusion : tant dans l’appréhension de ce phénomène que dans leur exemplarité en la matière. Dans ce sens, il faudra être attentif à la mise en place d’une attestation de contrôle d’identité qui pourra, dans ce contexte, permettre de limiter les contrôles au faciès.

Se réapproprier les réflexions autour du droit à la sécurité c’est donc non seulement répondre à un besoin réel mais aussi reprendre la parole sur ce sujet à la droite et à l’extrême-droite. Comprendre l’enjeu d’une expression socialiste, prendre le contre-pied des partisans du tout sécuritaire, voilà également le rôle de notre mouvement.

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