Engagez-vous qu’ils disaient

Résolution amendée présentée par la fédération du Mouvement des Jeunes Socialistes de la Vendée, à l’occasion du Conseil Nation des 16 et 17 avril 2016 et adoptée par celui-ci.

A en croire les médias, les jeunes seraient des hyper-consommateurs, individualistes et superficiels, davantage obnubilés par le monde virtuel que par les problématiques qui les entourent. Ils seraient en proie à un tel égoïsme qu’ils auraient perdu tout sens, toute notion et toute expérience du collectif. Selon l’IFOP, plus d’un tiers des jeunes Français ayant entre 15 et 30 ans seraient bénévolement engagés dans une association. Pourtant, on constate que l’adhésion des jeunes augmente en même temps que s’élève leur niveau d’étude. La jeunesse n’est pas un tout. Elle porte en son sein des “particularismes globaux”. “Particularismes”, car il s’agirait d’une jeunesse qui semble ne pas correspondre à une norme que l’on voudrait lui imposer, “globaux” parce que cette part de la jeunesse c’est justement celle que l’on n’entend pas ou si peu. Jeune rural, de banlieue, de centre-ville, de zone périurbaine, fils d’ouvrier, d’enseignant, d’entrepreneur, lycéen, étudiant, actif. Tous jeunes, mais pas porte-parole de la même jeunesse. Tous n’auront pas les mêmes problématiques d’avenir. Le reconnaître c’est déjà travailler à lutter contre les écarts qui se creusent aujourd’hui et faire rempart à une extrême droite et une droite extrême qui délaissent cette jeunesse, qui la stigmatisent. C’est aussi et surtout réfléchir à revaloriser cette jeunesse qui fait la fierté de la gauche et qui en est le poumon.

 

I) Une jeunesses, des réalités

“Sacrifiée”, “perdue”, “génération cobaye”… Le discours de la crise pèse et donne le sentiment aux jeunes qu’ils sont pris dans une spirale du déclassement, maltraités par la société. Le clivage s’est accru en fonction des atouts de départ de chacun. Sélection sociale ou Darwinisme moderne : la jeunesse face à l’emploi.

En France, la jeunesse est souvent associée au statut d’étudiant. Ce dernier devient sa figure emblématique du fait de la massification de l’enseignement supérieur, de l’extension du statut d’étudiant à des jeunes en formation non universitaire, de la diffusion des normes estudiantines qui marginalisent la culture populaire et encore plus la culture rurale.

L’engagement associatif et citoyen: remède contre les inégalités, la stigmatisation, la précarité.

L’abstention des jeunes est plus forte que pour le reste de la population. Toutefois, cette défiance ne veut pas dire qu’ils sont dépolitisés : ils préfèrent des mobilisations moins institutionnelles telles que la pétition, la manifestation, les événements locaux ou liés à des ONG. Des habitudes participatives sont bien ancrées. Les jeunes restent une catégorie qui s’engage plus que d’autres, et de plus en plus, dans des formes d’actions politiques non-conventionnelles. Il existe un fort potentiel de révolte, né du fait que la jeunesse n’a jamais été aussi éduquée. Ceci créé des espoirs, mais aussi de la frustration. Aujourd’hui, la culture dominante chez les adolescents, puis chez les jeunes, n’est pas la culture de la classe dominante. Elle est beaucoup plus proche de la culture populaire, elle même de plus en plus formatée par la culture commerciale qui devient la véritable culture commune. La culture académique perd de son importance et est associée à une culture bourgeoise tandis que l’école est pourtant le lieu privilégié de ce partage culturel.

 

II) Notre premier engagement : être force de propositions

1. Stage obligatoire en classe de 3e

L’investissement d’un jeune dans les domaines associatifs, civiques, politiques ou autres a des effets sur son parcours professionnel. On constate bien souvent que les compétences non-scolaires sont valorisées sur le marché du travail. Ces compétences sont utiles à l’intégration sociale de la jeunesse actuelle. Ainsi, nous proposons un stage obligatoire en milieu associatif ou professionnel en classe de 3e. Nous insistons sur le caractère obligatoire de ce stage dans tous les collèges. Le but serait de sensibiliser les collégiens à l’engagement dans la Cité et les rendre acteurs de l’intérêt collectif, responsables et garants du vivre-ensemble car l’ouverture sur le domaine citoyen, associatif et culturel constitue une source d’émancipation importante. Un tel dispositif favoriserait l’intégration des jeunes à la société et au processus de citoyenneté.

2. La généralisation de l’EMC à l’ensemble des formations

Le cours d’EMC (Enseignement Moral et Civique) permet une ouverture sur la société et à la vie politique de notre pays. Nous affirmons la nécessité de mettre en place des pratiques en lien avec des acteurs locaux, amenant les élèves à s’impliquer dans la vie de leur lycée ou dans la société appréhendant ainsi les enjeux d’un engagement citoyen. L’EMC présente actuellement la possibilité de traiter des sujets de philosophie. Or nous souhaitons que celui-ci soit étendu à l’ensemble des formations. La philosophie serait une opportunité de réflexion supplémentaire en vue de l’engagement citoyen.

3. Réformer la Journée défense et citoyenneté

Éveiller les différentes jeunesses à la défense et la citoyenneté ne se fait pas en une seule et unique journée. C’est pourquoi nous proposons l’organisation d’une semaine où les notions de citoyenneté et d’engagement seraient mises en valeur par la présentation de toutes ses facettes (militaires, associatives, militantes, sportives…). Il s’agirait également de mettre en valeur le service civique encore trop peu connu du grand public ainsi que d’approfondir la formation aux premiers secours.

4. Oui à un congé d’engagement rémunéré

Un projet de loi du 13 avril 2016 propose la mise en place du “congé d’engagement non-rémunéré”, la parfaite continuité du congé de représentation. D’aucun sait pertinemment qu’à l’heure où le jeune trime déjà pour obtenir un SMIC, proposer un tel congé ne représente qu’un vaste mirage. Comment peut-on imaginer qu’un jeune perde une journée de travail rémunérée pour s’investir bénévolement ? Nous pensons que la précarité ne doit pas être un frein à l’engagement citoyen. C’est pourquoi nous souhaitons la rémunération du congé d’engagement car la gauche doit continuer d’aller dans le sens des acquis sociaux qui la caractérisent, dans le sens d’une vision nouvelle de l’entreprise où l’engagement citoyen n’est pas restreint à la seule prise de congés payés. Aller en ce sens, c’est aussi permettre à plus de jeunes salariés, parce que ce sont souvent les plus touchés par la précarité et l’abus du patronat, de se syndiquer ou de s’impliquer pour la société.

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crédits : by-nc-nd 2.0

 

 

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