«La première de toutes les lois est la conservation de la République» de Saint Just (1767 – 10 thermidor an II)

Cette résolution fut présenté lors du conseil national des Jeunes Socialistes d’octobre et adopté à l’unanimité.

La République est aujourd’hui attaquée par certains de ses enfants et confrontée à l’extrême droite qui inscrit son action dans une réelle volonté de conquête du pouvoir, aujourd’hui devenue possible. Au delà des incantations républicaines à gauche comme à droite, n’est il pas aujourd’hui urgent de comprendre ce que représente notre République, afin de mieux la refondre pour demain ?

Rappelons que la République, issue de la révolution est notre héritage à gauche. Là où certains mettent en avant ce qu’ils appellent “les racines chrétiennes de la France”, ne cessons pas de rappeler que ces « racines » sont avant tout Révolutionnaires et Républicaines et fondent notre Etat de droit moderne.

La Res Publica a constitué une avancée qui doit encore aujourd’hui nous inspirer dans la mesure où cette idée de République est par essence porteuse de Liberté, d’Égalité et de Fraternité – notre devise actuelle. En effet c’est par la séparation de ce qui relève du commun, du collectif, du public (res-publica) et de ce qui relève du personnel, de l’intime, du privé (res-privata) que la distinction entre l’intérêt général et les intérêts privés a été opérée. La notion de Laïcité est d’ailleurs consubstantielle à cette idée de République et englobe notre devise. Enfin, la séparation des pouvoirs et la démocratie s’inscrivent bien évidemment dans la logique de la distinction entre la chose publique et les choses privées.

 

I. Les valeurs de la République, comme fondement de notre pensée socialiste

Si la démocratie permet à tous les dogmes, à toutes les idées, d’exister et de prendre corps dans la société civile, notre République reste tout de même porteuse de valeurs. Elle est emprunte d’une philosophie propre à la France qui préfère le mélange à la simple coexistence, qui permet une liberté de conscience absolue mais oblige à une citoyenneté conscientisée et pleinement assumée.

Le socle des valeurs de la République est minime en mots, mais constitue les fondations de notre maison France dont la remise en cause, même démocratique, ne conduirait à terme qu’à la destruction du commun et de la liberté. L’érosion de ces valeurs a débuté depuis longtemps avec la montée en puissance de la société capitaliste qui n’a de cesse de brouiller les frontières entre les intérêts privés et l’intérêt général.

Ainsi une société de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité ne peut se concrétiser aujourd’hui que dans l’affirmation d’une République qui se revendique à la fois sociale mais aussi écologique. En effet, pour permettre l’adhésion de chacun à la République, il faut d’une part que la République permette à chacun d’y adhérer et d’autre part qu’elle s’affirme comme un projet politique intemporel prenant donc en compte les phénomènes qui menacent l’humanité.

En effet, il n’est plus possible de défendre les valeurs républicaines dès lors qu’elles sont dévoyées au profit d’intérêts particuliers. La République doit permettre à chacun d’être citoyen à part entière, d’exercer des droits en conscience, qui sont inhérents à ce statut.

En cela, elle protège le citoyen. C’est d’ailleurs aussi une partie importante de notre singularité française que celle des luttes sociales avant-gardistes qui permettent à chaque citoyen de pouvoir s’épanouir et prendre ainsi conscience de son rôle dans la société démocratique.

L’aliénation au travail de l’homme pour les intérêts privés d’autres hommes, la destruction progressive de droits sociaux humains ou la négation des changements climatiques nuisent considérablement à la République française.

De la même manière, la doctrine capitaliste poussée à son paroxysme attaque la pérennisation du vivant et donc par là même, la République qui n’est pas qu’un concept idéalisé hors-sol mais bien un cadre existant dans notre pays, sur notre planète. La République est une promesse sur le long terme et ne peut donc fermer les yeux sur l’urgence écologique qui menace notre équilibre et notre stabilité. Ainsi, quand la droite propose plus de casse sociale et se soumet aux lobbies qui n’acceptent pas la révolution écologique nécessaire à venir, elle n’est pas républicaine.

 

II. La République française est et doit être universaliste

Il ne peut y avoir de République au cas par cas et il n’y a pas de communautarisme républicain. La République doit être la même pour toutes et tous, et être perçue comme telle, dès la première institution rencontrée : l’Éducation Nationale.

L’universalisme à la française, c’est mettre au cœur du dispositif républicain l’idée d’égalité pour concourir à la liberté de tous et de chacun à la fois. L’École est le lieu de cette philosophie qui à la fois donne à chacun les outils de se forger lui même par lui même, en conscience, mais aussi les armes intellectuelles permettant de répondre aux exigences de la société. Les disparités flagrantes de conditions d’études suivant le lieu de scolarisation, et l’intégration de l’enseignement religieux à l’école portent ainsi fortement atteinte à cette ambition républicaine et à l’adhésion sur laquelle elle doit s’appuyer. Si l’École aura ces dernières années fait l’objet d’une attention particulière avec un renforcement des moyens qui lui sont alloués, il faudra se préparer à défendre notre vision avec d’autant plus de force que les volontés de démantèlement de celle-ci s’affirment à l’approche des élections présidentielles. Nous soulignons que ces moyens doivent aller à l’école publique et non à l’école privée, source d’inégalités.

Par ailleurs, notre République n’a pas pour objet de reconnaître une personne pour ses appartenances particulières mais bien pour ce qu’elle a de commun avec les autres citoyens, pour sa qualité de composante humaine et citoyenne. C’est d’ailleurs également la définition de ce qu’est la Nation française : elle est accueillante et ne se fonde pas sur les déterminismes et appartenances communautaires mais sur le lien qui rapproche les citoyens français entre eux, autour du désir de vivre ensemble et sur les valeurs et les objectifs communs déjà évoqués.

Ainsi, aucune confusion n’est possible avec les Etats anglo-saxons plus enclins à reconnaître les communautés au détriment du principe d’égalité et du commun. La gauche défend cette vision universaliste de la République car c’est la seule à même de réaliser le triptyque républicain.

 

III. Une sixième République, aussi stable qu’efficace dans l’application de nos valeurs

Penser et construire une future sixième République c’est ambitionner le rétablissement d’une République sociale. Cela passera d’abord par une suppression du 49.3, armes anti-démocratique éprouvée, et par la redéfinition des rapports entre partenaires sociaux. La sixième République affirme avec force son universalisme, en refusant toute forme, actuelle ou future de concordat, en supprimant les accords France-Vatican, en renonçant au titre de chanoine de Latran pour le chef de l’État, et en établissant un calendrier républicain mettant ainsi un terme au débat concernant les fêtes religieuses, par la réunion de la Nation autour de nos fondements républicaines et révolutionnaires.

La logique de séparation des intérêts privés de l’intérêt général se concrétisera dans le domaine de la justice, par la poursuite du renforcement de l’indépendance des juges et du parquet vis-à- vis de l’exécutif, tout en réformant les voies d’entrée aux écoles d’administration trop élitistes.

Ainsi, pour 2017, le mot d’ordre sera l’avènement d’une sixième République, afin de renforcer les valeurs de celle-ci. Même si la démocratie peut faire perdre les Républicaine, notre devoir est de montrer que la République et la démocratie sont deux choses distinctes : la première cherche une adhésion universelle, la seconde recherche une majorité

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