CETA, le jumeau du TAFTA

Le 14-15 février prochain, les Eurodéputés voteront pour ou contre l’accord de libre échange dit « CETA », ouvrant une zone de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne.

Cet accord, dont les discussions ont démarré en mai 2009, a été négocié dans le plus grand secret. En effet, seule la Commission européenne a eu le droit de négocier avec le Canada. Les parlementaires européens n’ont que depuis peu accès à cet accord, mais dans une salle à accès réglementé, où ils ne peuvent pas prendre de notes. Alors que celui-ci promet d’avoir un impact fort sur nos vies, la place laissée à l’expression et au droit de regard des citoyens et de leurs représentants est quasi nul, voir purement et simplement bafoué.

Le CETA, s’il est voté et appliqué, aura des conséquences significatives sur la société. Il vise à faire tomber significativement les normes sociales, économiques et environnementales. En effet il pourra permettre l’ouverture de l’exploitation de gaz de schistes (ceci allant à l’encontre de l’accord de Paris lors de la COP21) ; l’importation d’aliments avec des OGM, ou issus d’animaux élevés avec des hormones…

C’est aussi un véritable danger en matière économique. Nos agriculteurs seront soumis à une concurrence accrue suite à la suppression des droits de douane agricoles, les obligeant à transformer leurs modèles agricoles en agricultures intensives avec des fermes usines. Mais également, cet accord empêchera les politiques locales de soutien et de préférence envers les acteurs économiques locaux.

De plus, via cet accord, les services publics seront menacés par la mise en concurrence avec le secteur privé (sauf l’armée, la police et la justice). C’est ainsi notre modèle social qui risque de s’effondrer.

Enfin, celui-ci permettra aux multinationales de poursuivre un Etat via des tribunaux arbitraux privés sous prétexte de porter atteinte à leur possibilité de réaliser des profits.

 

Dans l’Union européenne, des voix se font entendre, à l’image de Paul Magnette ministre-président de Wallonie qui dans un discours haut en couleurs et très relayé s’est insurgé de voir que les peuples et leurs représentants n’avaient pas eu leur mot à dire et que l’essence même de la démocratie n’avait pas été respectée. Il demande une renégociation du traité, cette fois-ci dans la plus grande transparence.

Déjà plus 3,5 millions de citoyens ont également signé une pétition montrant leur désaccord avec le CETA. La Fabrique du Changement se joint à eux et désapprouve l’accord du CETA, appelant nos parlementaires européens à voter contre.

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